Source SFPI (sfpi.asurtech.com) et
Immat1901 (http://immat1901.free.fr)
Tout débute le 14 août
1893 par un ordonnancement de la Préfecture
de Paris qui stipule ceci : "Tout véhicule
à moteur doit apposer une plaque métallique
sur laquelle est inscrite de manière lisible
le nom et l'adresse du propriétaire ainsi qu'un
numéro d'autorisation. Cette plaque devra être
fixée sur le coté gauche du véhicule
et ne devra pas être cachée". Par
ce texte, la France est le tout premier pays au monde
à immatriculer ses véhicules.
Mais
c'est en 1900 que tout commence réellement.
L'histoire se passe à Lyon, au parc de la tête
d'Or plus exactement, où, les promeneurs se
plaignent régulièrement du brassage
de poussière effectué par les automobilistes
qui circulent dans les allées. Une poussière
à l'origine de tout car c'est ainsi que naît
la première vraie plaque minéralogique.
Elle n'est que temporaire car distribuée à
l'entrée du parc et restituée à
sa sortie.
Mais, en juillet 1900, tous les automobilistes lyonnais
reçoivent désormais un numéro
d'immatriculation personnel. Les touristes, quant
à eux subissent le même principe que
pour le parc de la tête d'Or à savoir,
recevoir un numéro lorsqu'on arrive à
Lyon et le restituer en partant. La mesure est impopulaire
mais Lyon étant un passage quasi-obligatoire
pour les voitures à cette époque, il
devient impossible d'aller contre.
En septembre 1901, le système est généralisé
à la France entière par un décret
qui impose l'apposition d'une plaque visible de jour
comme de nuit à l'avant et à l'arrière
de tout véhicule pouvant dépasser la
vitesse de 30 km/h (tout un programme...) Il se compose
d'une série de chiffres de 1 à 999 puis
d'une lettre qui correspond à un arrondissement
minéralogique. L'arrondissement de Bordeaux
hérite ainsi de la lettre B. La toute première
immatriculation de l'arrondissement de Bordeaux est
donc le 1-B, numéro qui sera attribué
à une Panhard et Levassor type B1.
En 1902, on accole à cette lettre, la lettre
B. Ainsi Bordeaux immatricule de 1 à 999-BB.
Cette lettre est remplacée en 1903 par un chiffre
allant de 2 à 9.
(c) Daniel Zimmermann |
(c) Club Bugatti France |
En 1909 il est décidé que les véhicules
à vendre disposeront d'une lettre particulière.
Seules les lettre J, Q et W étant encore disponibles,
c'est le W qui sera adopté. Presque 100 ans
après, il est toujours en vigueur...
A partir de 1910 on passe sur une numérotation
allant de 1000 à 9999. Ainsi, au 999-B9 succède
le 1000-B en 1913. Par la suite, Bordeaux sera également
identifié par la lettre P puis par la lettre
K (voir la rubrique Informations
datées).
En 1928, le système minéralogique est
remanié et désormais, l'arrondissement
disparaît des plaques au profit du département.
Un département se voit attribué une
combinaison de deux lettres auxquelles il peut greffer
un chifffre allant de 1 à 9.
Ainsi la Gironde obtient les lettres GA et immatricule
donc ainsi : de 1 à 9999 GA, puis de 1 à
9999 GA1, puis de 1 à 9999 GA2 et ainsi de
suite jusqu'à GA9. Ayant atteind le 9999 GA9,
la Gironde a ensuite obtenu les lettres GC.
Le 1er avril 1950, les système est totalement
remanié. il est toujours en vigueur aujourd'hui
et doit s'éteindre au plus tard le 31 décembre
2020. Le principe consiste à numéroter
les départements de 1 à 90. Un numéro
séquentiel allant de 1 à 999 (9999 pour
le département de la Seine qui correspond à
Paris) est attribué suivi d'une lettre tournante
et du numéro de département. C'est ainsi
que la Gironde devient le département numéro
33 dans l'ordre alphabétique et que le numéro
1 A 33 est attribué à une Citroën
Traction 11B noire immatriculée auparavant
6296NM5.
Les départements d'Outre-mer sont codifiés
durant l'été 1950 et l'Algérie
encore française à cette époque
adopte le système en 1951.
Le 7 novembre 1950, le ministère des transports
impose aux départements des Bouches-du-Rhône
(13), de la Gironde (33), du Nord (59), du Rhône
(69) et de la Seine-et-Oise (78) de numéroter
de 1 à 9999 afin de palier au nombre trop élevé
d'immatriculations risquant de vite saturer le système.
C'est ainsi que, dès la série Q 33,
la Gironde évolue 10 fois moins vite que les
autres départements (voir rubrique pourquoi
la Gironde est à la traîne ?)
(c) Olivier76 |
En août 1951, afin d'éviter
les doublons avec l'ancien système, les départements
1 à 9 deviennent 01 à 09.
En juillet 1954, le Pas de Calais (62) et la Seine-Inférieure
(77) passent à leur tour à quatre chiffres.
En juillet 1957, l'Algérie française
remanie son système sous la forme 9A, 9B...
qui correspond à un arrondissement minéralogique.
Ainsi, pour Alger, la numérotation est de la
forme 1234 A 9A.
Le 1er janvier 1959, les plaques W et WW fonctionnant
toujours sur l'ancien système minéralogique,
adoptent le système actuel.
En mars 1965, le redécoupage de l'Ile-de-France
donne naissance aux départements 91 à
95. La mise en place de ces département se
fera entre 1965 et 1967.
A partir du 1er juin 1965, tous les département
peuvent numéroter de 1 à 9999 mais c'est
en avril 1966 qu'est décidée l'adoption
des quatre chiffres pour tout le monde au passage
de la série QA. Dans les années 80,
bon nombre de départements n'ayant pas atteind
cette série adopteront les 4 chiffres avec
l'informatisation des données.
En janvier 1972, le département de la Seine
arrivant au 9999 ZZ 75, la décision de le faire
suivre du 1 AAA 75 est prise. Pour ne pas dépasser
8 caractère sur la plaque, la numérotation
se fera désormais de 1 à 999.
Le 1er janvier 1976, la Corse est découpée
en 2 départements. Le département 20
stoppe sa numérotation et devient donc 2A et
2B. La numérotation débute donc à
1 A 2A et 1 A 2B.
(c) Olivier Riera |
Le 22 octobre 1976, Michel Poniatowsky
alors Ministre de l'intérieur tente de mettre
fin aux pratiques de réservation des petits
numéros sur les plaques minéralogiques
qui, à l'époque, permettent de bénéficier
d'indulgence de la part des forces de l'ordre. La
numérotation débute donc désormais
à 11 et le numéro du département
n'est plus attribué (impossible de voir un
33 EE 33 par exemple). Peine perdue, si cette mesure
est toujours en vigueur, l'histoire est ainsi faite
que nombre d'automobilistes réservent encore
leur numéro et en tête au palmares figurent
les numéros de 11 à 20. La différence,
c'est que cela ne permet plus de bénéficier
d'indulgences...
Le 1er janvier 1992, c'est au tour des plaques domaniales
d'être modifiées. Le 1er janvier 1993,
les plaques reflectorisées (blanc à
l'avant et jaune à l'arrière) sont rendues
obligatoires. En octobre 1996, la possibilité
d'y accoller l'Eurobande "F" est ajoutée
et les plaques W et WW sont réglementées
faisant disparaître les numéros écrits
à la craie blanche sur un adhésif noir.
Le 1er juillet 2004, le nouveau système national
d'immatriculation fait son entrée sur les cyclomoteurs.
Il sera généralisé aux automobiles
en 2009. La fin d'une époque...
Le
15 avril 2009, le nouveau système d'immatriculation
SIV entre en vigueur pour les véhicules neufs.
La numérotation débute à nouveau
à 1 (à 001 pour être plus précis).
Le système est désormais national et
fonctionne sur 3 blocs composés de 2 lettres,
un tiret, 3 chiffres, un tiret, 2 lettres. Les plaques
sont blanches à l'avant comme à l'arrière.
La numérotation part de droite à gauche
c'est à dire en pratique que le tout premier
numéro est le AA-001-AA puis AA-002-AA jusqu'à
AA-999-AA puis AA-001-AB jusqu'à AA-999-ZZ
et on enchaîne ensuite sur AB-001-AA jusqu'à
ZZ-999-ZZ. A préciser que le système
est annoncé pour durer 70 ans. L'heureux détenteur
du AA-001-AA est le directeur Mazda automobiles et
le véhicule est une Mazda 6 FastWagon 2.0 MZR
147ch Elégance couleur Crystal White Pearl
(blanc). Il est suivi par une moto Yamaha YBR-125
immatriculée AA-002-AA. Ce système met
fin au système départemental mais, comme
la france ne fait jamais rien comme les autres, il
est obligatoire d'apposer sur la plaque un numéro
de département surmonté du logo de"
la région qui y est associée. Comme
le département n'entre plus dans la composition
du numéro, libre choix est laissé à
chacun d'apposer le département qu'il veut,
reste que c'est obligatoire, donc il faut bien faire
son choix.... D'autre part, le numéro étant
national, il est attribué à vie au véhicule,
de sa mise en circulation à sa destruction
(ou son départ définitif du territoire
national). Ce nouveau système voit naître
également une nouvelle carte grise et surtout
la disparition des immatriculations provisoires en
WW, le numéro d'immatriculation définitif
étant donné directement lors de la vente
du véhicule. Dans un premier temps, le système
SIV est distribué aux véhicules neufs.
Au 15 octobre 2009, il se généralise
à tous les véhicules dès lors
qu'un changement doit être effectué sur
la carte grise (cession, vente, changement de domicile...).
